ZAC Tolbiac Massena
Lorsque nous sortons du métro de
la ligne 14, un sentiment fort s’impose : celui du renouveau. Pas après
pas, marche après marche, au milieu de cette foule qui nous entoure, qui court.
Nous prenons possession du lieu, de l’échelle qui s’élève face à nous. Murs
lisses, brillants, volumes dessinés de lignes simples où chacun trouve sa
direction, sa place. On nous prépare… à quoi ? Je ne sais pas… Pour les
plus courageux d’entre nous, un escalier important, peut-être imposant s’offre
à nous. Pour les plus feignants, un escalator digne de ce nom. Nous allons tous
vers la lumière. La foule se disperse, la ville s’offre à nous. On ne s’en rend
pas bien compte, du moins on sait que l’on se trouve à une intersection. On se
croise, en bus, en voiture, à pied, à vélo. On «monte » ou l’on
« descend » l’avenue de France. On se rend vers la seine ou bien l’on
pénètre dans Paris par la rue Neuve Tolbiac. La vie urbaine prend son sens et
son rythme.
Ici,
nous partons à la rencontre, ici nous assistons au dialogue. Je me place au
centre de l’avenue de France, je tourne sur moi-même et je contemple Tolbiac
Chevaleret, Tolbiac Nord, Masséna Nord, Masséna Chevaleret. Ainsi, se dessine le
panorama où chaque architecte urbaniste en charge du plan des ZAC susnommées à
travailler l’équilibre, le besoin d’être en communion, l’harmonie.
Je profite de la perspective des
deux côtés : l’une vers la ville d’Ivry sur Seine et l’autre vers la gare
d’Austerlitz. Dessin des façades qui paressent lisses qui « directionnent »
l’ensemble. Tout le monde rentre dans le rang. Nous sommes dans la lignée du
Baron Hausmann. Nous respectons l’histoire.
Nous nous dirigeons maintenant
vers la bibliothèque Francois Mitterand qui appartient à la ZAC Tolbiac dont
Roland Schweitzer en est l’architecte coordonnateur. Trop de noms d’architectes
à retenir : Riciotti, Perrault, Wilmotte… nous regardons à droite, à
gauche, énormément de choses intéressantes à voir, à comprendre. Je ne suis pas
là pour me constituer une liste exhaustive de tous les architectes ayant
construit un bâtiment dans ces lieux. Peut-être en retenir quelques-uns. Ce que
je souhaite retenir, c’est l’expérience des sens, l’expérience spatiale.
L’esplanade qui s’adresse à la
Seine, accueille la bibliothèque François Mitterrand et le cinéma MK2 comme
posés sur une feuille inscrite dans la pente. Une vraie respiration. Tout deux
communiquent, l’un à côté de l’autre, simplement : verticalité,
horizontalité, toutes proportions d’échelles gardées de lignes droites simples
suivis par les lignes fluides et sinueuses du pont Simone de Beauvoir. Je crois
comprendre que le monumental se doit d’être dessiné simplement afin qu’il soit
compris. Le sol orienté accentue la perspective et ne s’adresse pas à la Seine,
elle magnifie, rend hommage aux Bâtis. Ces gigantesques volumes reprenant la
forme d’un livre ouvert sont introvertis. Il révèle l’énorme «forêt » faisant
office de patio central. Je comprends l’idée que les architectes anglo-saxon
avaient à vouloir rendre pittoresque chaque perspectives, chaque cadrages. La
ville se doit de se faire belle. Chacun veut « la photo », d’ailleurs
nous tombons sur le tournage d’un film sur le lieu, cela vient corroborer ma
pensée.
Nous approchons des îlots
d’habitations de la ZAC Tolbiac, ils font face, ils sont massifs forment un
bloc unis. Nous descendons du piédestal que nous avait offert l’esplanade. Nous
pénétrons dans le ventre du vaisseau. Le calme s’installe, loin des deux grands
axes pourtant si proche. On découvre un jardin central ou trône une église
d’architecture contemporaine, une école non loin. On comprend que le centre est
réservé aux équipements publics, aux activités sportives et ludiques. Les équipements
d’activités liés au travail, aux commerces sont rejetés aux façades extérieures
de l’îlot afin de créer une fracture entre lieu de travail et lieu de vie,
peut-être trop fort à mon goût. L’organisation confère à l’îlot un caractère
communautaire. Une ville dans la ville, une mise en abyme. En effet, chacun des
îlots possède en lui-même une cour verte intérieure, accessible uniquement par
les usagers. Fort rappel à l’urbanisme haussmannien.
Je suis peu sensible à ce genre
d’organisation spatiale de la ville même si elle a encore le mérite de
fonctionner, de donner à l’habitant le sentiment d’appartenance à un groupe (cf
familistère Godin) et également de ramener ici le calme, la tranquillité, tant
recherchée par les parisiens. Je ne m’arrête guerre sur le dessin de façade,
pourtant certainement intéressant et recherché, je n’en doute pas. Mais le
manque de vie, rend l’endroit blafard.
Pourtant le système de volets
coulissants horizontaux, verticaux qui rythment les façades ou encore les sérigraphies
de Giulo Romanoqui sur le bâtiment de Francis Soler ainsi que les balcons
communiquant sont des traitements intéressants de l’architecture. Mais malgré
cela, je ne suis pas emporté.
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