vendredi 17 juillet 2015

pensée #22

équilibre entre réalité constructive et pensée architecturale

Lorsque je commence à penser un projet, je crayonne des idées par-ci par-là sur une feuille. Évidemment je les compile dans un cahier afin d'avoir un retour sur ma progression. Ceci me permet de revenir en arrière pour re-développer une idée que j'avais laissé de coté, car en effet garder les idées dans son esprit ne permet pas de prendre conscience des possibilités qui s'offre à nous et surtout d'affiner ma pensée. C'est pourquoi il est nécessaire de commencer très tôt à dessiner. D'une part, afin d'organiser le plan, de hiérarchiser les espaces et d'autre part afin d'éclaircir ma pensée au fur et à mesure et d'en être conscient enfin le projet sera-t'il constructible ?  C'est aussi le moment d'appréhender l'expérience de la proportion et donc lorsque je crayonne, je m’aperçois qu'il faut vite passer au dessin à l'échelle afin de me rendre compte de la réalité de l'idée et de calibrer les espaces en fonction de leurs utilisations. Est-ce possible ou pas ? Vais-je arriver à dessiner ce que j'ai projeter ? Vais devoir repenser le projet ?

Il y a certainement une part d'inconnu dans ce processus que je découvrirais plus tard.

Une chose intéressante reste à noter: le dessin est une mémoire. Quelque part, dessiner c'est se souvenir. Boileau disait qui se conçoit bien s’énonce clairement.


Pensée #21

Le geste architectural


Chaque jours nous effectuons des gestes, des tonnes et des tonnes de gestes. Nous levons la main, nous montrons du doigt, nous dessinons, nous serrons des mains, nous tuons, nous ouvrons des portes ...
J'y trouve de la poésie. Comme ses asiatiques qui effectue leur taï chi, du kung fu, de l'aïkido,Ralentir les gestes. Prendre consciences.Ou bien les accélérer. Encore une question de rythme.


Avons nous assez de reculs pour en comprendre la teneur, les intentions, les messages ? Avons nous conscience de la manière dont il nous aide à interagir avec autrui ? Avons nous assez de recul pour comprendre les raisons pour lesquelles nous produisons ses gestes ?  Un élément de réponse pourrait être que les gestes sont dû à un mécanisme lié à un apprentissage et qu'il faut posséder un certains recul pour les interroger.On apprends d'abord pour ensuite comprendre.Ce n'est pas une chose facile que de remettre en question ses gestes et d'aller chercher au fond ce qui explique les actions. Nous avons tendance à faire pour faire, à ne pas questionner.  C'est plus simple.Pour certaines personnes la notion de geste est plus importante.J'en fait partis. Parce qu'il y a une beauté dans le geste. Parce qu'il faut s’émerveiller de tout.

Comme ces calligraphes.
Encore une question de rythme.
Qu'elles sont les gestes de l'architecte ? qu'elles sont les gestes qui produisent de l'architecture ?
Peut être que lire Nobert Elias m'apporteras des éléments de réponses.
Est-ce qu'un geste est un mouvement ?


vendredi 15 mai 2015

pensée #20

Le propre de l'architecte  c'est de rêver et de croire en ses rêves.
Le propre de l'architecte c'est de construire ses rêves.
Le propre de l'architecte c'est de "vendre" du rêve.
Le propre de l'architecte c'est de dessiner ses rêves.
Le propre de l'architecte c'est construire les rêves des autres.
Le propre de l'architecte c'est de dessiner les rêves des autres.

Un rêve a suivre

samedi 9 mai 2015

pensée #19

La rationalité m'intéresse beaucoup mais elle me fait peur à la fois.
J'ai l'impression de perdre toute ma créativité et d'avoir les mains liés. 
Il faut l'appréhender, s'en faire une allier. 
Elle tend à nous amener à rendre l'architecture esthétique 

pensée #18

Le génie du lieu

dimanche 1 mars 2015

Pensée # 17

Devenir architecte...

Est-ce devenir architecte ou bien est-ce le devenir d'un architecte ?
Je m'interroge sur le Devenir... suis-je déjà architecte ?
Que m'indique mon esprit, mon corps, mon âme ?
Le doute... Je n'aime pas le doute, je déteste le doute, je haïs le doute.
Mieux vaut essayer, se tromper que d'être dans ce temps où tout est à remettre en question où tout est en suspend où tout est dans l'attente.
Puis ma mémoire se souvient, se rappelle.
Oui je suis architecte.
Je suis l'architecte.
"Notre conscience est l'architecte de nos songes."  Victor Hugo
Quelle mise en abyme m'habite.
Je n'était pas assez conscient.
Où avais-je la tête ?
L'architecture, en partie c'est organisé la pensée. L'architecture...
Chaque jour que je m'interroge sur cette profession, je suis... admiratif, exalté.
Ce que je remarque une fois de plus c'est que ce qui fait en partie la richesse d'un architecte c'est sa manière d'organiser, peut être même de s'organiser.
Ce qui est grandiose, magnifique et terrifiant à la fois.
Finalement, le jeu devient celui de l'organisation.
Il me convient donc d' apprendre les règles rationnelles qui nous permettent d'organiser l'espaces ou dois-je laisser libre court à mon imagination, mon empreinte, à ma mémoire ?
Je me questionne sur ma propre personne, sur ma propre organisation.
Regard, Ecoute, Synthèse.Trois notions indispensables.
Sans oublier la reine des reines, le joyau des joyaux, la quintessence.
J'ai nommé la Rigueur.
Sans elle pas d’architecture.
Suis-je rigoureux...






dimanche 30 novembre 2014

pensée # 16


ZAC Tolbiac Massena

Lorsque nous sortons du métro de la ligne 14, un sentiment fort s’impose : celui du renouveau. Pas après pas, marche après marche, au milieu de cette foule qui nous entoure, qui court. Nous prenons possession du lieu, de l’échelle qui s’élève face à nous. Murs lisses, brillants, volumes dessinés de lignes simples où chacun trouve sa direction, sa place. On nous prépare… à quoi ? Je ne sais pas… Pour les plus courageux d’entre nous, un escalier important, peut-être imposant s’offre à nous. Pour les plus feignants, un escalator digne de ce nom. Nous allons tous vers la lumière. La foule se disperse, la ville s’offre à nous. On ne s’en rend pas bien compte, du moins on sait que l’on se trouve à une intersection. On se croise, en bus, en voiture, à pied, à vélo. On «monte » ou l’on « descend » l’avenue de France. On se rend vers la seine ou bien l’on pénètre dans Paris par la rue Neuve Tolbiac. La vie urbaine prend son sens et son rythme.

Ici, nous partons à la rencontre, ici nous assistons au dialogue. Je me place au centre de l’avenue de France, je tourne sur moi-même et je contemple Tolbiac Chevaleret, Tolbiac Nord, Masséna Nord, Masséna Chevaleret. Ainsi, se dessine le panorama où chaque architecte urbaniste en charge du plan des ZAC susnommées à travailler l’équilibre, le besoin d’être en communion, l’harmonie.


Je profite de la perspective des deux côtés : l’une vers la ville d’Ivry sur Seine et l’autre vers la gare d’Austerlitz. Dessin des façades qui paressent lisses qui « directionnent » l’ensemble. Tout le monde rentre dans le rang. Nous sommes dans la lignée du Baron Hausmann. Nous respectons l’histoire.

Nous nous dirigeons maintenant vers la bibliothèque Francois Mitterand qui appartient à la ZAC Tolbiac dont Roland Schweitzer en est l’architecte coordonnateur. Trop de noms d’architectes à retenir : Riciotti, Perrault, Wilmotte… nous regardons à droite, à gauche, énormément de choses intéressantes à voir, à comprendre. Je ne suis pas là pour me constituer une liste exhaustive de tous les architectes ayant construit un bâtiment dans ces lieux. Peut-être en retenir quelques-uns. Ce que je souhaite retenir, c’est l’expérience des sens, l’expérience spatiale.
L’esplanade qui s’adresse à la Seine, accueille la bibliothèque François Mitterrand et le cinéma MK2 comme posés sur une feuille inscrite dans la pente. Une vraie respiration. Tout deux communiquent, l’un à côté de l’autre, simplement : verticalité, horizontalité, toutes proportions d’échelles gardées de lignes droites simples suivis par les lignes fluides et sinueuses du pont Simone de Beauvoir. Je crois comprendre que le monumental se doit d’être dessiné simplement afin qu’il soit compris. Le sol orienté accentue la perspective et ne s’adresse pas à la Seine, elle magnifie, rend hommage aux Bâtis. Ces gigantesques volumes reprenant la forme d’un livre ouvert sont introvertis. Il révèle l’énorme «forêt » faisant office de patio central. Je comprends l’idée que les architectes anglo-saxon avaient à vouloir rendre pittoresque chaque perspectives, chaque cadrages. La ville se doit de se faire belle. Chacun veut « la photo », d’ailleurs nous tombons sur le tournage d’un film sur le lieu, cela vient corroborer ma pensée.
Nous approchons des îlots d’habitations de la ZAC Tolbiac, ils font face, ils sont massifs forment un bloc unis. Nous descendons du piédestal que nous avait offert l’esplanade. Nous pénétrons dans le ventre du vaisseau. Le calme s’installe, loin des deux grands axes pourtant si proche. On découvre un jardin central ou trône une église d’architecture contemporaine, une école non loin. On comprend que le centre est réservé aux équipements publics, aux activités sportives et ludiques. Les équipements d’activités liés au travail, aux commerces sont rejetés aux façades extérieures de l’îlot afin de créer une fracture entre lieu de travail et lieu de vie, peut-être trop fort à mon goût. L’organisation confère à l’îlot un caractère communautaire. Une ville dans la ville, une mise en abyme. En effet, chacun des îlots possède en lui-même une cour verte intérieure, accessible uniquement par les usagers. Fort rappel à l’urbanisme haussmannien.

Je suis peu sensible à ce genre d’organisation spatiale de la ville même si elle a encore le mérite de fonctionner, de donner à l’habitant le sentiment d’appartenance à un groupe (cf familistère Godin) et également de ramener ici le calme, la tranquillité, tant recherchée par les parisiens. Je ne m’arrête guerre sur le dessin de façade, pourtant certainement intéressant et recherché, je n’en doute pas. Mais le manque de vie, rend l’endroit blafard.
Pourtant le système de volets coulissants horizontaux, verticaux qui rythment les façades ou encore les sérigraphies de Giulo Romanoqui sur le bâtiment de Francis Soler ainsi que les balcons communiquant sont des traitements intéressants de l’architecture. Mais malgré cela, je ne suis pas emporté.

 Nous quittons la ZAC Tolbiac pour nous rendre vers la ZAC Massena où Christian de Portzamparc en est l’architecte coordonnateur. Nous passons du tout au tout. Devant nous se profile un ensemble parsemé de bâtiments distincts les uns des autres. De Portzamparc les qualifie d’autonomes. Il a eu la volonté que ces derniers ne soient pas identiques et qu’ils reflètent chacun une personnalité différente. Il veut écrire la ville nouvelle, celle emplie d’un multiculturalisme indéniable et aller à l’encontre des théories modernistes. C’est pourtant paradoxalement cela que je pourrais lui reprocher : ce manque d’unité. Peut-être est-ce mon regard de jeune enfant avec lequel je ne peux m’empêcher d’être émerveillé et que je ne vois pas cette unité. D’ailleurs, je tiens à noter qu’il rend, par cette décision, à l’architecte ses lettres de noblesse. Il lui permet de laisser libre court à son imagination, de mettre tout en œuvre afin de mener à bien sa mission, de mettre en tension le programme et le projet. Jouer avec les formes devient un plaisir. En fait « l’îlot ouvert », comme il nomme son principe de conception de l’espace urbain, permet de mettre en évidence des différences de hauteurs fixées par des règles de jeu, des façades alignées sur la rue, des retraits créant des respirations, des ouvertures qui permettent la pénétration de la lumière mais également des passages traversant l’îlot, des cours intérieures accueillant des jardins. Ceci afin de hiérarchiser les espaces publics, semi publics et privés et d’apporter l’âme du quartier. Comme l’îlot fermé, un équipement public occupe le centre de la ZAC Massena : un parc et l’université Paris Diderot, l’école. En revanche, on remarque que contrairement à l’îlot fermé, les activités du rez-de-chaussée sont multiples et placées un peu partout dans l’îlot et pas uniquement à la périphérie. Il y aurait encore beaucoup de chose à dire.